Langue, Culture & Gastronomie

L’arabe palestinien est la langue parlée et pratiquée par l’ensemble des Palestiniens bédouins et sédentaires de la Cisjordanie et de Jerusalem. L’hébreux moderne est pratiqué par 75% des Israéliens (Juifs et Arabes), mais il n’est la langue maternelle que de 30% d’entre eux (actuellement, environ 60% des Juifs israéliens sont nés en Israël). Le russe, l’allemand, l’anglais, le polonais, le hongrois et bien d’autres sont toujours les langues maternelles de nombreux Israéliens. Le yiddish conserve un statut particulier en milieu ashkénaze. L’anglais est la première langue internationale. Suivi par le français : il serait parlé par 25% des Israéliens, alors que seuls 0,6% d’entre eux l’ont pour langue maternelle.

En Cisjordanie, la population est constituée d’Arabes palestiniens à 81,5% ; ensuite viennent les Colons Juifs (16,1%) qui occupent selon le droit international une partie de la Cisjordanie de façon illégale, puis les Egyptiens (0,9%) et les Bédouins (0,5%).

Religion

L’Etat d’Israël n’est pas un Etat confessionnel. 76% environ des citoyens israéliens sont des Juifs et 19% des Arabes (si l’on compte parmi les Juifs les 4% d’Arabes confessant le judaïsme). Parmi les premiers, les Sabras, Juifs issus de l’immigration d’avant 1948, sont les plus nombreux (28% de la population totale), puis viennent les « Russes » (11,5%), mais les Juifs sont venus du monde (presque) entier, de Pologne et d’Ethiopie, d’Italie et du Tadjikistan, du Maroc et du Yémen. Les Juifs relèvent pour la plupart du judaïsme « traditionnel » (55%), libéral ou conservateur ; 17% sont « orthodoxes » et 8% haredim (« ultra-orthodoxes »). 20% des Juifs israéliens se déclarent non religieux. Ashkénazes (issus de l’Europe centrale et orientale) et Séfarades (issus du bassin méditerranéen) ont des organisations religieuses différentes.

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Les Arabes sont, dans leur grande majorité, des musulmans sunnites (2% sont chrétiens et 1,5% de religion druze). La Palestine est également le berceau du christianisme ; toutes les confessions chrétiennes traditionnelles y ont des établissements et des communautés plus ou moins importantes. Le bahaïsme a établi son centre administratif à Haïfa.

Calendrier des fêtes

  • 15 novembre : Fête Nationale Palestinien (1988, déclaration d’indépendance par le Conseil national palestinien en exil à Alger).
  • 15 mai : Le jour d'al-Nakba en souvenir de la guerre de 1948-49 (Catastrophe pour les Palestiniens, Guerre d’indépendance pour les Israéliens).
  • 18 septembre : Le souvenir de Septembre noir qui rappelle le massacre de Sabra et Chatila

Les principales fêtes religieuses musulmanes (dates mobiles) sont l’Aïd el-Kebir (juillet pour 2021-2022) : commémoration du sacrifice d’Ismaël ; le Mouloud (octobre pour 2021-2022) : commémoration de la naissance du Prophète ; l’ouverture du Ramadan (avril pour 2021 et 2022) : 30 jours de jeûne rituel pendant le 9e mois de l’année lunaire ; l’Aïd el-Fitr (mai pour 2021 et 2022) : fin du jeûne du Ramadan. Aïd el-Kebir (Juillet pour 2021 et 2022) : la Grande Fête (fête du Sacrifice »), commémoration du sacrifice d’Ismaël.

Quant aux fêtes chrétiennes, leur calendrier varie un peu d’une confession à l’autre, ainsi Noël est-il fêté le 25 décembre par les catholiques, le 7 janvier par les orthodoxes et le 19 janvier par l’Eglise arménienne. Signalons également les jours civils de commémoration suivants. Le jour des Prisonniers (17 avril).

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Les fêtes juives comme les fêtes musulmanes sont également mobiles : Roch Hachana (: Nouvel An. Yom Kippour (septembre pour 2021) : Grand Pardon, jour de jeûne et de repentance. Souccot (septembre pour 2021) : fête des Tentes (ou des Cabanes, ou des Tabernacles), célèbre l’aide reçue de Dieu pendant l’Exode. Yom Hachemini Atseret (septembre pour 2021) : assemblée du Huitième Jour, célébration du début de la saison des pluies. Hanoucca (novembre-décembre) : fête de l'Édification (ou « des Lumières »), commémore la consécration de l’autel des offrandes du Second Temple de Jérusalem. Pourim (février) : fête des Sorts, commémore un épisode salutaire du livre d’Esther. Pessa’h (mars-avril) : la Pâque. La fête dure 7 jours et commémore la sortie d'Egypte des Hébreux. Yom Ha'Atzmaut (avril) : fête nationale. Chavouot (mai) : fête des Semaines, commémore le don de la Loi et des Dix Commandements.

Célébrité

Avec Mahmoud Darwich (1941-2008) la Palestine fait irruption à la croisée d’un engagement politique rigoureux et du travail poétique d’une vie. En 2000, le ministre israélien de l’éducation, Yossi Sarid, a proposé (encore en vain) que certains de ses poèmes soient inclus dans les manuels scolaires : l’œuvre et l’homme apparaissent incontournables. Edward Said (1935-2003) est né à Jérusalem dans une famille arabe chrétienne et a enseigné la littérature comparée à Columbia University de 1963 à 2003. L’orientalisme est son livre le plus célèbre. En 1999, il a fondé avec Daniel Barenboïm le West-Eastern Divan Orchestra, qui réunit de jeunes musiciens israéliens et arabes (l’orchestre est désormais basé à Séville). Naji al-Ali (1936-1987) fut un grand caricaturiste, l’un de ceux dont les dessins ont valeur d’éditoriaux. Le personnage d’Hantala, l’enfant palestinien, qu’il a créé en 1969, a fini par représenter toute la perplexité, mais aussi toute la détermination du monde face aux agressions et au sans-gêne des puissants… Le keffieh était la coiffe des Bédouins et des paysans. En 1936, il est devenu le symbole de l’opposition à la présence britannique. Depuis, il est un signe de ralliement. Les partisans du Fatah le portent noir et blanc ; ceux du FPLP, rouge et blanc ; ceux du Hamas, vert et blanc. Yasser Arafat a fait du keffieh l’un des couvre-chefs politiques du XXe siècle. Leïla Shahid (née en 1949) a été déléguée générale de la Palestine en France de 1994 à 2005 et représente désormais l’Autorité palestinienne auprès de l’Union Européenne à Bruxelles. Née à Beyrouth, anthropologue des camps de réfugiés, elle est représentative de l’intelligentsia palestinienne exilée et de ses engagements politiques.

Theodor Herzl (1860-1904), né à Budapest, est l’un des « pères » de l'État d’Israël. Après avoir publié Der Judenstaat (L’Etat juif, 1896), il fonde le mouvement sioniste en 1897 (congrès de Bâle). En 1949, son corps a été transféré au mont Herzl, à Jérusalem. Golda Meir (1898-1978) est née à Kiev, elle émigre aux Etats-Unis, puis s’installe en Palestine (1921). En 1948, elle est signataire de la Déclaration d’indépendance. Elle prendra en charge divers ministères à partir de 1951, dont celui des affaires étrangères (1956-1966). Premier ministre d’Israël de 1969 à 1974. Le Merkava (1979) est le char de bataille de l’armée israélienne. C’est un engin lourd (de 63 à 65 tonnes) équipé de canons de 105 ou 120 mm, selon les versions. C’est également un symbole de l’indépendance d’Israël. Car, malgré les critiques, l’armée garde une place centrale dans la société israélienne. Yitzhak Rabin (1922-1995) avait un sens aigu de ses responsabilités : « Celui à qui l’on doit la victoire n’est pas tant le général vainqueur, que celui qui aurait porté le chapeau de la défaite. » Rabin a porté le chapeau de la paix. Dani Karavan (né en 1930, à Tel-Aviv), sculpteur. Ses œuvres monumentales sont parfois l’expression plastique d’une mémoire (Misrach, Regensburg ; Hommage aux déportés, camp de Gurs), parfois celle d’un engagement (Chemin des droits de l’homme, Nuremberg ; Chemin de la paix, à la frontière israélo-égyptienne), toujours celle d’une espérance. Natalie Portman (née en 1981, à Jérusalem) est une actrice israélo-américaine. En 2003, Padmé obtient un diplôme de psychologie de l’université de Harvard. Elle a participé à la rédaction de Frontal Lobe Activation during Object Permanence (Harvard, 2002). Mira Awad (née en 1975, à Rama). En 2009, elle est la première chanteuse arabe choisie pour représenter Israël au concours de l’Eurovision, en duo avec Achinoam Nini (née en 1969).

Gastronomie

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En Palestine le pain, qui a une grande valeur symbolique, se mange avec la plupart des plats. Pour le mensef, on couvre le pain de riz et d’agneau mijoté (épices, caillé de brebis, amandes, pignons…) ; pour le musakhan, on y met des oignons et du poulet au sumac. Le khobez (« pain ») se mange aussi, simplement, avec de l’huile d’olive, du thym frais et des graines de sésame. Il accompagne les mezzés. Le kedreh est une spécialité d’Hébron : riz au safran et agneau, cuits à l’étouffée dans une jarre de terre cuite. Quant à la courgette farcie, elle est très classique. La Maklouba (qui signifie “renversée” en arabe) est un des plats les plus populaires en Palestine. A base de riz, d’aubergine et de viande (ou poulet), il est connu pour être le plat préféré de Saladin. Egalement appelé plat de la victoire, la Maklouba aurait été servi à Saladin et son armée lorsqu’ils firent leur entrée victorieuse à Jérusalem en 1187. Pour finir (ou grignoter pendant la journée) : pâtisseries orientales : baklawa, kenafeh de Naplouse (cheveux d’ange, beurre, pistaches), ma’amoul (petit gâteau fourré aux dattes, pistaches et noix), qatayef (chausson fourré au fromage blanc ou aux fruits secs, que l’on mange pendant le mois de Ramadan).

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La cuisine kasher répond aux interdits (porc, coquillages…) et aux prescriptions (viande saignée, pas de mélange lait-viande…) rituels. Mais les restaurants israéliens ne sont pas tous kasher. Les musulmans respectent, quant à eux, les règles alimentaires de l’islam. Pour faire simple, disons que les immigrants ont apporté en Israël la cuisine d’Europe de l’est (les Ashkénazes) et celle du Maghreb (les Séfarades). Pour la cuisine orientale, elle était disponible sur place, c’est celle des Arabes israéliens et des communautés juives orientales. La première s’écrit bortsch, goulasch, schnitzel, carpe (gefilte fisch), hareng, etc. La deuxième : couscous, dafina (ragoût), pita, bkaïla (haricots et épinards), etc.