Le 14 mai 1948, David Ben Gourion, président du Conseil national juif, proclamait “l'indépendance de l'État d'Israël”. Trois ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale et l'extermination de plus de six millions de juifs par les nazis en Europe, Israël est créé sur une partie de la Palestine et commence son récit national. David Ben Gourion dans son discours au musée de Tel-Aviv donne; en partie, vie à la résolution 181, adoptée à la majorité par l'ONU le 29 novembre 1947, qui partage la Palestine en un État juif et un État arabe, une résolution qui place Jérusalem et les Lieux Saints sous «régime international».

Quant au territoire désigné de Palestine, il était à l’origine et dès l’Antiquité habité par les Cananéens. Dans la partie du IIe millénaire, la civilisation cananéenne se retrouve sous l'influence des populations sémites originaires de Mésopotamie puis des Egyptiens jusqu’à l'invasion de la zone côtière de Gaza par les Philistins en -1175, suivie de l'invasion des Hébreux venus d'Égypte sous la conduite de Moïse. Après la mort de Salomon, fils de David, le territoire est divisé en deux royaumes, celui d'Israël au nord et celui de Juda au sud. Plus tard, le schisme des deux royaumes devient inévitable, Israël disparaît sous les Assyriens en -722 qui laisseront place en -609 à la puissance babylonienne. Jérusalem est prise, son temple détruit et le royaume de Juda devient province babylonienne, puis passe sous l'emprise perse, avec Cyrus, qui autorise le retour d'exil aux Juifs, mais peu reviendront, beaucoup n'étant pas attiré par la situation économique de Judée.

Au IIIe siècle avant J.C, la région est contrôlée par les Séleucides, descendants d'Alexandre le Grand. De nombreux grecs s'installent et la communauté juive devient minoritaire. Au début du premier siècle, la naissance et le départ de Jésus laisseront place au mouvement du Christianisme. Au IVème siècle, avec la montée du christianisme, la Palestine devient Terre Sainte chrétienne jusqu’à l’arrivée des Arabes qui conquièrent la Palestine sans effusion de sang et mettent fin à plusieurs décennies de violences entre Samaritains et Byzantins et aux massacres des Juifs et Samaritains qui a vu sa communauté presque s’éteindre. L’invasion musulmane permet ainsi la liberté religieuse des Samaritains, des Juifs et met fin aux tourments que leur infligeaient les Chrétiens. Le calife Omar garantit la liberté individuelle et religieuse aux Chrétiens et aux Juifs. Les Juifs ont amorcé leur retour dans la ville pendant le court règne perse, à la fin de la période byzantine. Après 638, les interdits les frappant sont abolis. Ils sont officiellement autorisés à se réinstaller à Jérusalem pour la première fois depuis 135, et à vivre à nouveau à l’intérieur de la ville.

Jérusalem est proclamée lieu sacré de l'Islam et la Palestine sera de 638 à la fin de la période ottomane sous domination musulmane soit près de 1300 ans.

A la naissance du sionisme en Europe vers 1840 (stimulé par la vague antisémite qui sévit en Europe), on dénombre un demi-million de personnes en Palestine. 90 % sont Arabes. Le Yishouv, la communauté juive de Palestine, représente alors 5 % de la population.

Une action politique directe est engagée par Theodor Herzl vise la création en Palestine d'un foyer pour le peuple juif, garanti par la loi publique. L'action du mouvement sioniste entraîne un mouvement migratoire vers la Palestine. La première colonie agricole juive s'installe près de Jaffa en 1882.

En 1919, on compte près de 80 000 juifs face à 570 000 musulmans et à plus de 70 000 Arabes chrétiens.

En 1946 à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, on recense 600 000 juifs en Palestine. Le nombre de colonies juives avoisine les 300 et représentent 8% des terres.

Dès l'annonce du partage de la Palestine par l'ONU, une véritable guerre éclate entre Palestiniens et Juifs. Les premiers affrontements tournent à l'avantage des Palestiniens qui encerclent les colonies juives et isolent des grandes villes. Mais fin mars, alors que l'on compte déjà 2 000 morts, les forces juives reprennent l'offensive et le 14 mai 1948, alors que de violents affrontements éclatent un peu partout en Palestine, la Grande-Bretagne décide de mettre fin à son mandat, quitte la Palestine et laisse Ben Gourion proclamer la création officielle de l’Etat d'Israël.

Des milliers de Palestiniens sont exécutés ou forcés de quitter leur terre, des milliers de bombes sont larguées sur le territoire. C’est la Nakba qui marque le début tragique du destin des Palestiniens qui réclament encore aujourd’hui leur droit au retour et la reconnaissance de l’Etat de Palestine.

Après l’occupation de la partie Est de la ville en 1967, Israël fait de « Jérusalem réunifiée » sa capitale. À la suite de l'attentat du 1er juin 2001 au Dolphinarium de Tel Aviv et de la Seconde Intifada, les autorités israéliennes décident de la construction d’un mur de séparation ( גדר הביטחון, Geder Habitahon) , bien que condamné par les Nations Unies.

Sur un tracé de 708 km, environ 500 km de clôture renforcée de barbelés et équipées de capteurs et une autre partie de béton qui peut aller jusqu’à 9 mètres de haut et qui sert de support d’expression à de nombreux artistes locaux ou internationaux pour véhiculer des messages d’oppositions politiques.